Mes premiers pas comme Chief Happiness Officer

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La thématique du bonheur a le vent en poupe. Je ne vous apprends rien.

Et même si le mot « bonheur » est mangé à toutes les sauces, je crois que c’est aussi le signe que notre modèle de société est réellement entrain d’évoluer vers quelque chose de plus en plus positif, fondé davantage sur l’épanouissement de l’homme en tant que tel et plus seulement sur des enjeux exclusivement économiques. Aujourd’hui les gens cherchent de plus en plus à donner du sens à leur vie. Ils veulent se réaliser !

Mais qu’en est-il du bonheur au travail ?

Comme vous le savez, j’ai choisi depuis quelques temps de m’y intéresser.

La première condition du bonheur est que l’homme puisse trouver sa joie au travail. André Gide

De plus en plus en plus d’entreprises commencent à porter leur regard sur le bien-être au travail et s’attachent peu à peu à introduire cette notion comme une innovation nécessaire.

Entre bien-être et performance

Parce que oui, il faut bien l’avouer, un salarié heureux est un salarié plus impliqué et plus productif. La corrélation entre bien-être et performance est bien là. Et conscient de cela, de nombreuses start-ups comme grands groupes commencent à faire du bonheur au travail l’un de leur axe stratégique.

J’en entends déjà certains crier au loup !! « Le bonheur n’est pas un instrument de manipulation du salarié au service de la productivité de l’entreprise !!« 

Et après ? En quoi est-il si dérangeant d’avoir d’un côté des salariés qui s’épanouissent, motivés et investis dans leur métier, et de l’autre une société plus performante ? Si tant est que le bonheur au travail ne devienne pas une dictature moderne dans les entreprises.

Nous passons la majorité de notre temps au travail. Pour cela, nous devons nous y sentir bien. L’importance du travail est devenue telle qu’il est aussi important aujourd’hui de s’épanouir professionnellement que personnellement. Voilà pourquoi ce sujet me passionne de plus en plus : S’ÉPANOUIR… le mot magique <3

Alors j’ai décidé de me pencher sur le bonheur dans mon entreprise. J’ai choisi de m’interroger sur les façons dont mon organisation pouvait valoriser chaque individu, tout en contribuant à une performance collective. J’ai choisi d’ajouter à ma casquette de Responsable Marketing, celle de Chief Happiness Officer.

Chief Happiness Officer, tendance ou réalité ?

Le Chief Happiness Officer est un métier émergent qui commence à faire couler beaucoup d’encre. Mais qu’est ce que c’est exactement ? Pour faire court, le CHO est responsable du bien-être des salariés et garant de la culture d’entreprise. Une sorte de mix entre la communication interne, l’évenementiel, et la RH.

Comme beaucoup de choses dans le monde du digital, la Sillicon Valley a été pionnière en la matière. C’est notamment en 2009 sous l’impulsion de Tony Hsieh et Jenn Lim ( Les CEOs de Zappos dont je vous raconte l’histoire ici) que la fonction de CHO voit le jour.

Le but du CHO : Rendre la vie professionnelle plus agréable en remettant l’humain au centre des préoccupations.

Avoir un autre rapport au travail

Être heureux c’est bien, mais diffuser le bonheur en entreprise, n’est-ce pas encore mieux ?

Alors oui, le mot « bonheur en entreprise » fait sourire, rend perplexe ou révolte même. Mais les faits sont là, les modèles sont en train de changer, l’entreprise doit se réinventer.

Et si un autre rapport au travail était vraiment possible ? Faire du bien-être au travail, de la confiance, de la responsabilisation des collaborateurs des stratégies possibles et gagnantes tant pour l’intérêt des salariés que pour la performance économique des entreprises.

C’est le pari que je me suis lancée dans ma société. Et j’ai la chance d’avoir le soutien de ma direction et l’ouverture d’esprit de mes collègues dans la démarche que j’entreprends. Et c’est essentiel, parce que veiller au bonheur des salariés pourrait paraître simple, mais en réalité elle implique tous les niveaux de l’organisation.

Le bien-être en entreprise se travaille au quotidien par petits pas plus que par une rupture totale. Et je le rappelle le bonheur n’est pas une injonction ! Chacun contribue et adhère comme il lui convient. Je n’ai aucunement l’intention de lobotomiser mes collaborateurs avec des activités qui « a priori » les rendraient plus heureux, rassurez-vous.

Le bonheur au travail, défi lancé !

Pour démarrer, je me suis attelée à travailler sur les valeurs qui font de notre entreprise ce qu’elle est aujourd’hui. Sa culture. La question des valeurs de l’entreprise est fondamentale à mon sens. Est-ce que chacun partage ces valeurs ? Est-ce que chacun effectue des actions en adéquation avec elles ?

Je m’interroge aussi sur le sens. Quelle est notre raison d’être ? Celle de l’entreprise ? Celle de chacun ? Avons nous le sentiment de travailler ensemble dans l’atteinte d’un but commun ? Je travaille sur les leviers qui permettraient à chacun de mettre du sens dans ses actions et faire progresser le collectif dans un sens commun. Une raison d’être qui nous anime tous et renforce notre cohésion déjà existante.

Je veux contribuer à mettre en valeur tout le potentiel, la richesse humaine et l’expertise de chacune des personnes qui constitue mon entreprise car elles en sont la richesse. Je veux comprendre les besoins de chacun et arriver à être une oreille attentive. Mon objectif est que chacun ait le sourire. Patrons comme salariés.

Et cela va même plus loin, car le bonheur est au centre de notre stratégie. Son nom : Happiness 360°. Parce que nos actions positives doivent impactées chacun dans l’entreprise, jusqu’à nos clients, partenaires et fournisseurs.

Je ne vous cache pas que le chemin est long. Il faut prendre le temps. Réfléchir, sensibiliser, impliquer, se remettre en question aussi… mais le jeu en vaut la chandelle.

Une approche sous l’angle de la psychologie positive

Dans le domaine du bien-être au travail, on évoque aussi souvent les risques psycho-sociaux. Et je suis consciente que le stress, la souffrance au travail, les burn-out sont un réel problème dans nos sociétés. Pour autant, j’ai fait le choix de conserver un angle plus constructif que défensif, plus préventif que curatif. Mon approche de CHO est celle de la psychologie positive.

Lors du dernier atelier de Bonheur au Travail que j’ai organisé à Montpellier, on m’a demandé quel type de diplôme il fallait avoir pour être CHO.

Je ne crois pas qu’il y ait de parcours type pour devenir CHO. A partir du moment où on a à cœur de mettre l’humain au centre de tout, je crois que l’essentiel est là.

Être ouvert d’esprit, de bonne humeur (en tout cas le plus souvent possible), un poil créatif, empathique et à l’écoute, transparent et avoir du bon sens. Aimée la communication, le dialogue et vouloir œuvrer pour l’expression de tous les parties prenantes de la société.

Au final, Chief Happiness Officer, Happy Co-Worker, Happy Manager… la terminologie a bien peu d’importance. Je suis simplement guidée par cette volonté de faire chaque jour de mon mieux et apporter ma petite pierre à l’édifice d’un monde meilleur, respectueux des vulnérabilités et des richesses de chacun. L’histoire du colibri, vous vous rappelez… 😉

2 Comments

  • olekhine dit :

    Bonjour et bravo pour votre motivation et votre joie.
    Je pense que le bonheur au travail pour être plus productif c’est bon pour les cadres et autres chefs qui s’impliquent à fond dans leurs entreprises. Pour les ouvriers et employés, le bonheur c’est de rentrer chez soi et de profitez du temps libre, de sa famille et de ses amis. Pour une majorité de français, le travail reste un besoin alimentaire, pas un plaisir.
    Bonne continuation.

    • Julie dit :

      Bonjour et merci beaucoup pour votre commentaire.
      J’aime à dire qu’il y a autant de définitions du bonheur que de personnes sur la planète.
      Donc vous avez raison sur le fait que le bonheur c’est aussi de rentrer chez soi et profiter des personnes qu’on aime.
      Dans tous les cas, on ne peut en rien généraliser. Si le travail était complètement alimentaire pour beaucoup, les jeunes générations sont justement en train de modifier l’approche par rapport au travail. Elles ont besoin d’un travail porteur de plus de sens, de valeurs, où la frontière perso/pro est de plus en plus effacée.
      En terme de profil, qu’on soit cadres, patrons, employés ou salariés, je pense que chacun est d’abord acteur de son propre bonheur au travail. Et on pourra tout à fait trouver des cas d’ouvriers complètement investis et heureux dans le travail car ils y trouvent du sens. (Je pense notamment à une célèbre entreprise française fabricante de biscuits.) Et on aura des cadres ultra bien payés pas du tout heureux dans leur cadre pro. Tous les cas sont possibles. Tout dépend, de mon point de vue, du sens que l’on donne à son travail et de l’intention qu’on porte chaque jour à se lever le matin pour accomplir quelque chose qui va nous apporter ou pas :-)
      A très bientôt.
      Julie

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